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Enfers

Il dégouline sur les enfers
Une pluie d’anges aux ailes noires
J’entends le Styx soudain se taire
Ivre de bile au désespoir

Puis ce sont des nuées violettes,
Des parfums humides de sous-bois,
Venant d’Égypte quelques insectes,
Face aux démons dictent leur loi.

Les âmes aux visages effrayant,
Dansent en silence sous les radeaux,
Au chant des sirènes lancinant,
Macabre ballet sous les eaux.

La Peur en lambeaux sur le port,
Ouvre ses bras aux étrangers,
Des lycanthropes attendent encore,
La Lune au travers des fumées.

La terre se noircit de sang, d’ocre,
Dans l’ombre passent des guivres, des chimères,
A l’appel du Maitre les orques,
Renaissent de lave et de pierre.

Leurs oriflammes endormies,
Brulent aux murs blancs des ruines,
D’ateliers de nécromancie,
Où le noir passé se ranime.

Et sur l’absinthe des marécages,
Elles chavirent en ricanements,
Et trouvent au quai de leur voyage,
Syrinx muette face à Pan.

Puis enivrés les étrangers,
Aux portes du dernier royaume,
Sur le brasier posent les pieds,
De chair deviennent des fantômes.

Derrière l’autel, le Maitre exulte,
De nouveaux apôtres à la Cène,
Sympathisent pour ce Diable occulte,
Une symphonie pour l’anathème.

©PapaOurs
Ce poème n'est en aucun cas une apologie du démon, mais plutôt une inspiration issue de la lecture de Dante associée à l'imaginaire.

© Poème posté le 08/07/2024 par Papaours

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