Fenaison
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La prairie est fauchée alanguie au soleil
comme une femme lasse étalant ses cheveux
La brise s’est couchée sans lever de frissons
sur cette pâle épaule écrasée de torpeur
la nuit
lente à venir
va bercer son sommeil
Demain dans la lumière
volera sa toison
entre les doigts de fer tournoyants des faneurs
Mais ce soir affalée
baignant dans ses effluves
la prairie est offerte à tous les jeux de l’ombre
Candide elle s’étire
dévoile sans pudeur
sous l’œil rond de la lune
l’origine du monde*.
* Allusion à "L'origine du monde" de Gustave Courbet (1866)
