Aux lisières de la Nuit
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Dans l'étreinte des cieux s'abandonne le jour,
Relâchant ses cheveux sur nos derniers contours,
Comme s'épand soyeux des cimes du velours,
L'Or d'un ultime feu achevant son parcours :
Des cristaux de lumière sur l'âme des ruisseaux,
Fredonnent la peau claire qui satine les flots,
La mélodie est l'air - famille sol doux rai d'eau -
Partition de la Terre dont l'azur est l'écho
Tant d'ailes d'élégance, sous la gorge du vent,
S'offrent au firmament et caressent le Temps,
Sans zèle lentement, escortent le couchant,
Aux bords des nitescences qui perlent du Néant
Un collier de silence, embrasse mon regard,
Berce la délivrance que mon coeur laisse choir,
Et je goûte l'errance, sur la joue d'un espoir,
Où tinte la brillance émue d'une cithare
Les chemins de la nuit emportent mes lisières,
Près de l'ombre infinie que déploie l'Univers,
Vénus haut pousse un cri, que mes yeux laissent taire,
Quand le matin surgit et baigne ma clairière
Quelques éclats de Lune ruissellent sur les feuilles,
Égouttant une à une ces couleurs que l'on cueille
Et, l'écorce lovée d'un brame qui s'effeuille -
Prémices des rosées où l'Amour se recueille
