Aux pages citoyens
circulez y’a rien à voir
balayez-moi tout ça
notes futiles grinçantes
phrases inutiles trébuchantes
à quoi ça sert tout ça hein
rien que du temps perdu
taisez-vous
pas de sons pas de mots
ne parlons même pas des dessins
n’y pensez plus
et d’ailleurs
ne pensez plus
ou plutôt
ne pensez rien
qu’on ne vous dise de penser
c’est à peine
si vous avez le droit
de respirer
allez houste
mots notes
dessins croquis
pensées
à la poubelle
et qu’on retrouve enfin
de belles pages blanches
comme des plages sans touristes
et sans parasols
et surtout vides vides
débarrassées des parasites
crabes venus d’on ne sait où
de derrière les mesures
et les points d’exclamation
armés de bécarres et de palettes
ou d’allégories les gueux
mais la nuit
dans le noir
ils reviendront
les parasites
comme des rats affamés
des serpents à sonnettes
les sans papier les sans pinceaux
les sans notes les sans mot
ils se glisseront dans vos rues
et pendant que vous dormirez
ils fouilleront dans vos poubelles
derrière vos murs et vos maisons
pour repartir avec des trésors
de sens et de beauté
dont ils feront des étendards
de toutes les couleurs
armes de la victoire finale
sur la fatalité
aux pages citoyens
noircissez-les
voir le dessin : https://photos.app.goo.gl/niheB24nmYkFip7GA
balayez-moi tout ça
notes futiles grinçantes
phrases inutiles trébuchantes
à quoi ça sert tout ça hein
rien que du temps perdu
taisez-vous
pas de sons pas de mots
ne parlons même pas des dessins
n’y pensez plus
et d’ailleurs
ne pensez plus
ou plutôt
ne pensez rien
qu’on ne vous dise de penser
c’est à peine
si vous avez le droit
de respirer
allez houste
mots notes
dessins croquis
pensées
à la poubelle
et qu’on retrouve enfin
de belles pages blanches
comme des plages sans touristes
et sans parasols
et surtout vides vides
débarrassées des parasites
crabes venus d’on ne sait où
de derrière les mesures
et les points d’exclamation
armés de bécarres et de palettes
ou d’allégories les gueux
mais la nuit
dans le noir
ils reviendront
les parasites
comme des rats affamés
des serpents à sonnettes
les sans papier les sans pinceaux
les sans notes les sans mot
ils se glisseront dans vos rues
et pendant que vous dormirez
ils fouilleront dans vos poubelles
derrière vos murs et vos maisons
pour repartir avec des trésors
de sens et de beauté
dont ils feront des étendards
de toutes les couleurs
armes de la victoire finale
sur la fatalité
aux pages citoyens
noircissez-les
voir le dessin : https://photos.app.goo.gl/niheB24nmYkFip7GA
Texte de Luc Fayard inspiré par l’actualité de ce fabuleux dessin des balayeurs de notes , sur une partition probablement d’Eugène Ketterer, dessin dont je n’ai pu retrouver la source ; si vous l’avez, donnez-la moi s’il vous plait, j’ai horreur de publier sans sourcer. Merci.
