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l'Arbre .
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C'est au creux de tes mains , des racines enfoncées ,
du tronc qui serpente , jusqu'au cieux amoindris ;
sous les branches tombantes , qui me servent d'abris ,
dans ton ombre séante , tranquillement je m'assied .

Ainsi , couvert de lumière sous l'écrasant soleil ,
au sommet de tes bois , un bout de ciel qui veille ;
avant que lumière se couche , sous ton regard sombre ,
au crépuscule du jour , tombe le poids de ton ombre .

Là , ton corps immobile se pare de douleur ,
des feuilles mortes qui tombe et s'écrasent en pleurs ;
de ton écorse éventrée , torturée , flètrie à jamais ,
comme une onde de l'errance à tes jours passés .

les bois y creuse la terre , y plante leurs veines ,
ils y puisent son eau , dans les vallons , et les plaines ;
vos siècles d'étreinte , sous le regard de l'éternité ,
à vous , que le temps semble à jamais épargné .

O vielle Forêt ! comme des vieux rois fébrile et torturé
dans le silence des bois , parfois mort , parfois couché ;
mais que faîte donc vous de vos siècles engloutis ?
parlez : vous nous ravirez de vos souvenirs écrits !

Quand le vent qui gémit, brusquement vous anime,
au frémissement léger de vos feuillages qui s'abimes ;
comme un vieux chêne poussant son dernier soupir,
on y entend et on y voit , l'audace des bois qui respire .

© Poème posté le 18/06/2024 par francois costaseca

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