La voix du torrent
8
Quel est ce flot puissant, cette vague profonde,
Ce souffle de géant, qui monte des lointains ?
Est-ce donc la vallée qui s’éveille et qui gronde
Ou l’infini, tapi dans les taillis prochains ?
Cela ressemble au vent dans les hauteurs des nues,
Aux longs doigts du silence où le roc est sculpté,
Au vaste et lent frisson des sources entendues
Sur les rives du temps et de l’éternité.
On dirait que s’y tient le repos de la brume,
Que s’y perd le fouillis de la calme forêt,
Que la pensée n’est plus qu’insaisissable écume
Et que le pas se fait précipice et sommet.
C’est la voix du torrent, pleine d’ombre limpide,
La voix du torrent fou qui jaillit et bondit,
La voix du torrent fier, magnifique et rapide,
C’est la voix du torrent que mon âme chérit.
