Le Cocktail
1
Ô alcool ! Breuvage céleste au goût d'anis !
Mon temps, doux ciel liquide, enjaille-le ! Tue-le !
Mon esprit ténébreux, alcool, caresse-le !
Que tout devienne beau puis fou, divin pastis !
Ma piña colada, suave comme une fleur,
Alcoolisée au rhum ambré, refroidie à la glace,
J'attends son bel effet, que son amour m'enlace !
Coulant dans ma gorge comme un ruisseau de pleurs !
Et voilà sa faucille enivrante ! Ô humeur !
Que tu es aisément maniable, tu es faible !
Un éclair d'alcool fort et je deviens sensible
Aux aléas divins d'un monde qui se meurt !
Ô cocktail ! Mélange maudit par tous les cieux !
Enivre-moi jusqu'au désiré apogée,
Élève-moi jusqu'à la voûture azurée,
Et, à la lassitude, offre-lui mes adieux !
Ma boisson obscure, noire comme la nuit,
Entraîne ma langue à des paroles subites,
Je ne contrôle plus mon palet ! Les orbites
Suivies par mon esprit sont une onde qui fuit !
Et voilà un cœur cru, vacillant sous des seins,
Qui apparaît, calme, dans le bar encor vide,
Alors, je m'y approche ! Cocktail, amour placide,
Enchante donc mes mots, donne-moi tes desseins !
Je lui dis : "Belle dame au corps voluptueux,
Puis-je vous inviter une boisson glacée ?
Aimez-vous les cocktails ? Ou la bière moussée ?"
Mais mes mots ne furent pas du tout fructueux.
Car elle répondit : "Cher inconnu, monsieur,
Je suis venue ici pour contempler la vie,
Je n'ai en aucun cas besoin d'être l'amie
D'un ivrogne maudit perdu dans ses faux cieux !"
Mon temps, doux ciel liquide, enjaille-le ! Tue-le !
Mon esprit ténébreux, alcool, caresse-le !
Que tout devienne beau puis fou, divin pastis !
Ma piña colada, suave comme une fleur,
Alcoolisée au rhum ambré, refroidie à la glace,
J'attends son bel effet, que son amour m'enlace !
Coulant dans ma gorge comme un ruisseau de pleurs !
Et voilà sa faucille enivrante ! Ô humeur !
Que tu es aisément maniable, tu es faible !
Un éclair d'alcool fort et je deviens sensible
Aux aléas divins d'un monde qui se meurt !
Ô cocktail ! Mélange maudit par tous les cieux !
Enivre-moi jusqu'au désiré apogée,
Élève-moi jusqu'à la voûture azurée,
Et, à la lassitude, offre-lui mes adieux !
Ma boisson obscure, noire comme la nuit,
Entraîne ma langue à des paroles subites,
Je ne contrôle plus mon palet ! Les orbites
Suivies par mon esprit sont une onde qui fuit !
Et voilà un cœur cru, vacillant sous des seins,
Qui apparaît, calme, dans le bar encor vide,
Alors, je m'y approche ! Cocktail, amour placide,
Enchante donc mes mots, donne-moi tes desseins !
Je lui dis : "Belle dame au corps voluptueux,
Puis-je vous inviter une boisson glacée ?
Aimez-vous les cocktails ? Ou la bière moussée ?"
Mais mes mots ne furent pas du tout fructueux.
Car elle répondit : "Cher inconnu, monsieur,
Je suis venue ici pour contempler la vie,
Je n'ai en aucun cas besoin d'être l'amie
D'un ivrogne maudit perdu dans ses faux cieux !"
