Mort subie...
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Assis dans mon taxi, je roule vers l'IGR,
Les pensées qui me viennent sont comme le gris du ciel.
Et le monde défile au travers du carreau
Comme des coup de pinceau qui flouteraient les airs,
Une traînée infinie, un peu artificielle.
J'regarde pas vraiment, mais je trouve ça beau.
C'est vrai ces derniers temps, je ne pense plus trop.
Juste un peu résigné, fatigué de se battre.
Je regarde les choses, mais sans vraiment les voir,
Je reste à contempler mon jardin, qu'il est beau !
Alors que tout fleuri et invite à combattre,
Moi, tout ce que je vois, me semble bien illusoire !
Pourtant c'est le printemps, tout invite à la vie,
Les roses blanches et roses et la sauge rougie,
Les marguerites ouvertes au soleil le jour
Et puis qui se referme dès que le temps est gris.
J'arrive plus à m'ouvrir, enfermé dans ma nuit,
J'arrive plus à me battre, je n'ai plus de bravoure.
Dans ce taxi qui roule, je ne pense qu'à demain,
Le mal qui me transperce me mène vers ce chemin,
Ou plutôt vers la fin du chemin de ma vie.
Je ne pleure même plus, les larmes j'en ai moins
Le combat me semble perdu, c'est inhumain.
Mais je résiste encore par cette poésie.
Il faudrait que le mal ne dure pas longtemps,
J'ai peur de devenir un être dépendant
Peur que dans mon dos, on pousse le fauteuil...
Peur que cette fin ne dure que trop longtemps.
Peur de dégénerer,tout ça est obsédant
J'préfère encore finir vite dans le cercueil
Je sais bien que mes propos ici sont dures,
Et combien pour vous, je voudrais que ça dure
Ai je perdu l'espoir qui vit en mon futur ?
On ne peut vivre ainsi, que de mauvaises augures,
De mal et de douleurs et jeté en pâture
A cette maladie qui ronge mon ossature.
Il n'est pas de moyen d'en finir au plus vite
Et cette maladie, je crois prendra son temps
Elle me torturera sans jamais de limite
La morphine m'aidera, pour pas que je cogite
Faisant partir le mal mais juste pour quelques temps
J'attendrais patiemment cette mort pas si subite...
