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On pleure, on rit
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IGR ce matin, à nouveau je suis là,
Je me suis fait conduire, je ne peux plus conduire...
La maladie avance et elle me rend las.
N'être que passager, me permet de m'enfuir.

Juste le temps du trajet, j'ai l'esprit qui divague,
Les pensées s'entremêlent avec les souvenirs.
Faisant de mes pensées, une suite de zigzags,
Qui me donneront peine ou joie, pleurs ou rire...

Juste le temps de penser et je suis arrivé,
J'entre dans "Sa" maison, on ne parle que de "LUI",
J'donne ma p'tite carte orange, on me dit où aller,
Le programme du jour est une scintigraphie.

A la première étape, on m'injecte un produit,
Puis c'est la salle d'attente, juste pendant trois heures !
Trois heures à tuer, trois heures mortelles d'ennuis,
J'les passe à la cafét, à faire le "voyeur".

Cafétéria de l'IGR, je n'veux rien voir,
Il faut fermer les yeux, éviter d'être atteint,
Par ce mal qui rode, qu'on ne peut concevoir.
Si vous étiez serein, lors, vous serez éteint.

Foulards et perfusions, calvitie d'un enfant,
Visages défigurés, et les chaises roulantes...
On fait comme si de rien, on se pose en buvant.
Moi, je vois les visages, et les âmes souffrantes.

Je vois où j'imagine toutes les tragédies,
Qui se cachent alentours, au moment où j'écris.
Les blouses blanches défilent, c'est l'heure du midi...
Oui la vie s'organise, malgré tout, malgré "LUI"

LUI, c'est le point commun à toutes ces personnes,
Ici, on l'a, on accompagne celui qui l'a,
On guérit ceux qui l'ont, parfois, on solutionne...
Ou, l'on vient rendre hommage à celui qui l’avait.

LUI, le cancer, partout et de toutes façons,
Il est là tout autour dans les pensées communes
Certains, par leur courage nous donnent des leçons
J'mange ma salade, pensif, devant cette infortune...

Trois heures sont écoulées, je retourne au sous-sol
En chemin j'ai croisé un homme et son enfant,
Il arbore un joli chapeau bleu ciel, c'est drôle !
Un tigre dans sa main, par la queue balançant.

J'suis dans une salle d'attente, j'suis l'patient, je patiente.
De la salle adjacente, me parviennent des pleurs,
Un enfant qui sanglote, image terrifiante !
C'est un déchirement, ça attise la peur.

L'enfant au chapeau bleu, lui, joue tranquillement
Sans jamais se soucier du pourquoi et comment
Malheureux, bienheureux, et malade pourtant
Sans avoir ces pensées qui polluent notre temps

Ces pensées qui empêchent tant de choses, tant de vie
Qui font un poids lourd à porter, qui vous minent,
Empêchent le sommeil et diminues l'envie,
Ces pensées métastases qui vous assassinent.

En sortant de ma radio, l'enfant qui pleurait,
Était là, dans les bras rassurant de sa mère
Il riait aux éclats, tellement fort il riait,
Que j'ai ri moi aussi, quelle vie pleine de mystère !

© Poème posté le 20/05/2024 par Reverbrol

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