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Délires intra-utérins et autres fadaises

Je flottais dans la soupe première
Astronaute inconscient des délires extérieurs
Accroché à mon fil d’Ariane essentiel
Je ne rêvais à aucun mirage artificiel
Je ne connaissais ni la faim ni la frayeur
Et ignorais l’existence des roses trémières

Je me balançais au rythme de mon cocon
Poisson carnassier chasseur d’une existence
M’accrochant à mes cellules encore fraîches
Bouddha attendant la sortie de la crèche
J’aspirais à de plus spacieuses stances
Bienheureux apprentis Tartarin de Tarascon

Il faut dire que ma bulle était exigüe
Pas assez consistante, ma pitance
Le bain, à mon goût, trop mouillé
Pour les distractions, pas la peine de fouiller
Je suçais mon pousse avec constance
Une vie à souhaiter l’absorption de cigüe

Un jour, arriva le grand événement
Un quatorze juillet rien que pour moi et il ne fallait pas se défiler
La lumière jaillit soudain du portail entrouvert
Expulsé, puis saisi par un quelconque pervers
Je retenais mon souffle et voyant ma casbah filer
Je découvrais mon nouvel élément

Une claque magistrale sur mon auguste céans
Me fit apercevoir la triste et dure réalité
J’hurlais, alors, au monde mon hostilité
Regrettant déjà mon nid et fortement irrité
Qu’ils exhibent, sans pudeur, mon intimité
Je voulais retourner dans le néant

Ainsi pris fin
Mon petit confort intra-utérin
Je connaitrais les plaisirs et la faim
L’injustice et les chutes de rein
Et la lutte de tous les jours sur le terrain
Une vie d’homo sapiens destructeur et pas très fin…

Hugo
Evian
Aout 2010

© Poème posté le 08/08/2010 par Hugo

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