Et du verbe fut
4
L’auberge du chat noir est un repaire de brigands :
Canonniers du Yang-Tsé de retour au bercail,
Et compères intrigants pour de fieffées canailles,
Des aventuriers aux costumes extravagants.
Fruit du soufre qu’exhalent, d’âpres rhums du planteur,
Et les acres senteurs de bouffardes gourmandes,
Sans tarder, enveloppe, le souffle du conteur,
Robert Louis Stetson, docteur en contrebande.
Aiguisant leurs coupe-choux, les tchouk-tchouck s’agglutinent,
Les tsé-tsé s’amoncèlent-cumulus menaçant
Les amas de vaisselle-, et l’acteur cabotine,
Creuse grimaces et rictus, comme des poulies, grinçants.
Comme la gangue se délite, que les langues se délient,
La lanterne vacille, les ombres sont de mise,
Dix de der, rebelote, la voix rafle la mise,
Les plus récalcitrants durs à cuire se rallient.
La taverne s’emplit de moiteurs tropicales,
De plantes anthropophages aux floraisons grimpantes,
De lianes exubérantes, de légendes qu’alimentent,
Les saumâtres liquides croupis à fond de cale.
Les larmes indociles perlant sous l’œil de verre,
Comme enfle un fleuve en crue, la houle de l’Atlantique,
Que d’un charme ensorcelle la berceuse d’un trouvère,
L’hypnotique mélopée trouve l’épopée mythique.
Les mers du sud jonchées de squelettes imprudents,
De tam-tams obsédants de dédales percussifs
De sorciers évoquant dans un rite allusif,
Les naïades échangées contre un collier de dents.
Les princesses que convoitent de vils romanichels,
Et les trois-mâts qu’affrètent des gandins à leurs trousses,
Qui affrontent leur karma sans montrer trace de frousse,
Sirotent, comme un calice, le supplice de l’échelle,
Les villes des Indes nouvelles, où bruissent les caravelles,
Où se remettent en selle, vieux chevaux de retour
Des caravanes fourbues, quand les colts étincellent,
Que les fourbes et les lâches font relâche tour à tour.
L’équateur infesté de tribus cannibales,
Zones non cartographiées par les ouvrages Bordas,
Repus d’explorateurs, clous du banquet final,
La reine des amazones épouse le roi Midas.
La poisse qui colle aux basques et la graille qui tenaille,
Quand l’ossuaire rongé dénonce l’atroce teneur,
D’une camarde dont frappe les tenaces puanteurs,
Qui ravitaille les ports autant que la poiscaille.
Les cadets ambitieux qui défient les cadors,
Balayant, d’un revers de manches, les infortunes,
Insoucieux que ruissellent, écus et louis d’or,
Puis l’intrusif taulier vient réclamer sa thune.
Le rideau se dissipe, comme une mer se retire,
La foule venue chercher les gueuses et la biture,
Retrouve ses habitudes, en voleur à la tire,
L’infâme jour perce à flots, souillant la devanture.
Canonniers du Yang-Tsé de retour au bercail,
Et compères intrigants pour de fieffées canailles,
Des aventuriers aux costumes extravagants.
Fruit du soufre qu’exhalent, d’âpres rhums du planteur,
Et les acres senteurs de bouffardes gourmandes,
Sans tarder, enveloppe, le souffle du conteur,
Robert Louis Stetson, docteur en contrebande.
Aiguisant leurs coupe-choux, les tchouk-tchouck s’agglutinent,
Les tsé-tsé s’amoncèlent-cumulus menaçant
Les amas de vaisselle-, et l’acteur cabotine,
Creuse grimaces et rictus, comme des poulies, grinçants.
Comme la gangue se délite, que les langues se délient,
La lanterne vacille, les ombres sont de mise,
Dix de der, rebelote, la voix rafle la mise,
Les plus récalcitrants durs à cuire se rallient.
La taverne s’emplit de moiteurs tropicales,
De plantes anthropophages aux floraisons grimpantes,
De lianes exubérantes, de légendes qu’alimentent,
Les saumâtres liquides croupis à fond de cale.
Les larmes indociles perlant sous l’œil de verre,
Comme enfle un fleuve en crue, la houle de l’Atlantique,
Que d’un charme ensorcelle la berceuse d’un trouvère,
L’hypnotique mélopée trouve l’épopée mythique.
Les mers du sud jonchées de squelettes imprudents,
De tam-tams obsédants de dédales percussifs
De sorciers évoquant dans un rite allusif,
Les naïades échangées contre un collier de dents.
Les princesses que convoitent de vils romanichels,
Et les trois-mâts qu’affrètent des gandins à leurs trousses,
Qui affrontent leur karma sans montrer trace de frousse,
Sirotent, comme un calice, le supplice de l’échelle,
Les villes des Indes nouvelles, où bruissent les caravelles,
Où se remettent en selle, vieux chevaux de retour
Des caravanes fourbues, quand les colts étincellent,
Que les fourbes et les lâches font relâche tour à tour.
L’équateur infesté de tribus cannibales,
Zones non cartographiées par les ouvrages Bordas,
Repus d’explorateurs, clous du banquet final,
La reine des amazones épouse le roi Midas.
La poisse qui colle aux basques et la graille qui tenaille,
Quand l’ossuaire rongé dénonce l’atroce teneur,
D’une camarde dont frappe les tenaces puanteurs,
Qui ravitaille les ports autant que la poiscaille.
Les cadets ambitieux qui défient les cadors,
Balayant, d’un revers de manches, les infortunes,
Insoucieux que ruissellent, écus et louis d’or,
Puis l’intrusif taulier vient réclamer sa thune.
Le rideau se dissipe, comme une mer se retire,
La foule venue chercher les gueuses et la biture,
Retrouve ses habitudes, en voleur à la tire,
L’infâme jour perce à flots, souillant la devanture.
