le bulldozer
1
Cent fois, il passe et il repasse,
robuste, trapu, corpulent ;
de pied ferme, il tasse, il re-tasse,
écrasant tout, déambulant,
appuyant de toute sa masse
de brute épaisse s'en allant,
paraissant renifler sa trace
s'en revenant de son pas lent
sans que jamais rien ne l'arrête,
borné, n'en faisant qu'à sa tête
et s'acharnant de tout son poids...
comme une chose qu'on rabâche
s'impose, y revenant cent fois,
frayant son chemin sans relâche.
robuste, trapu, corpulent ;
de pied ferme, il tasse, il re-tasse,
écrasant tout, déambulant,
appuyant de toute sa masse
de brute épaisse s'en allant,
paraissant renifler sa trace
s'en revenant de son pas lent
sans que jamais rien ne l'arrête,
borné, n'en faisant qu'à sa tête
et s'acharnant de tout son poids...
comme une chose qu'on rabâche
s'impose, y revenant cent fois,
frayant son chemin sans relâche.
L'ignorant prend pour vérité un on-dit cent fois répété.
Contre ça, que peut-on y faire à part s'écraser et se taire ?
