Rue de Poésie
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Un jour, quand je n'y serai plus
il ne restera de ma vie
qu'une rue nommée Poésie
pavée de pages raturées,
chaussée de mousse et cabossée,
des pissenlits entre les dents.
Lavée de pluies, séchée de vents
étoilée de nuits sans sommeil
en passant de l'ombre au soleil
ma rue s'adosse à un talus
elle s'annonce sans issue
Hantée par des chats de gouttières
ronronnant de rimes légères
peu tentés par les barricades
flânent ces gentils camarades.
Ils ont flairé la plage nue
dessous les pavés de ma rue.
M'offrant l'écume de leurs vers
ils m'aident à passer l'hiver.
