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Du point du jour au déclin de la nuit
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Une clarté frileuse accroche à l’Orient
les tours et les clochers graciles.
L’étoile du Berger s’éteint en vacillant ;
le jour se lève sur la ville.

Cachés sous la feuillée les merles rivalisent
de sérénade en mélopée ;
il semble que, tout bas, les arbres vocalisent
dans l’ombre de la canopée.

Les tilleuls bourdonnant embaument de leurs grappes
le souffle indécis de l’aurore ;
dans le lointain déjà, un grondement s’échappe
apprêtant l’envers du décor.

Le tumulte a noyé sur les grands boulevards
les sons discrets de la nature ;
au soleil la cité se dévoile sans fard
dans la fièvre et la démesure.

L’essaim des autos roule en un flot de métal
sans plaisir ni morte-saison ;
la basse continue du port de l’arsenal
donne à chacun le diapason.

Et puis revient le soir et ses bruits familiers
peuplant l’ombre qui se profile ;
dans le dernier frou-frou des ailes d’un ramier
la nuit enveloppe la ville.

Une salve brutale annonce une nuit blanche,
les oiseaux fuient aveuglément ;
le mortier d’artifice éclate en avalanche
sous la poigne des garnements.

La peur anéantit tout désir d’ingérence,
les grands enfants jouent à la guerre.
Avant le point du jour, chacun souffre en silence, 
rêvant de pluie crépusculaire.

© Poème posté le 16/04/2024 par Cardaline

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