Runes
3
En ces temps que j’étais ton frère,
Courait le monde, sur son erre,
Et cette loi qui nous défère
Devant les dieux chantés d’Homère,
Je l’aimais, car j’étais naïf ;
Je croyais partout voir un bief,
Mais les horizons sont de suif,
Il n’est de refuge, ni fief !
Et toutes ces péripéties
Semblent recluses en cent scies;
Cent qui sur mille sont choisies,
De ces embarcations sancies,
Épaves littéraires d’os
Ne répondant plus d’aucun « CROSS »
S’abîmant toujours plus aux eaux
D’océans délaissés ; zoos,
Tristes déserts de nos cultures ;
Seules subsistent quelques dures
Œuvres sauvages - tu perdures,
Esprit ! malgré les sépultures
Des temps neufs et l'accaparé
Chakra mystique, astral paré,
On en oubliera même Ré
- Ô, pèse-mers, si mal taré,
Flots incongrus des laides phrases
D’auteur, génie, où tu t’écrases ;
Doux mots fuyants, comme des hases,
Aux plantations de métastases.
- Ternis des modernes bonbons,
Vos ors ne sont plus que bubons
Sous la gueule, aux amers des fonds !
Grâce à vos affres, vos fards blonds,
Tout disparaît sous la surface
Étale d’une aurore basse
Dont le soleil absent s’efface
D’une mémoire sans embase.
- La ruse absolue est l’écrit,
Or ses cris s’éteignent, l’on rit
Qu’on pût s’éprendre du sanskrit
Antique, être au langage, esprit !
Quand tantôt le grand silence
Dialectique qui s’élance
De cette ignoble occurrence,
Dont l’incurie est la panse,
Adipeux s’étendra, gras,
A nos cultures, ray-grass
Envahissant de ses draps
- Linceuls acérés de rats -
Les absences de nos plumes,
Ces musiques, dont nous fûmes
Les instigateurs posthumes,
Pèseront !
du poids des runes.
Courait le monde, sur son erre,
Et cette loi qui nous défère
Devant les dieux chantés d’Homère,
Je l’aimais, car j’étais naïf ;
Je croyais partout voir un bief,
Mais les horizons sont de suif,
Il n’est de refuge, ni fief !
Et toutes ces péripéties
Semblent recluses en cent scies;
Cent qui sur mille sont choisies,
De ces embarcations sancies,
Épaves littéraires d’os
Ne répondant plus d’aucun « CROSS »
S’abîmant toujours plus aux eaux
D’océans délaissés ; zoos,
Tristes déserts de nos cultures ;
Seules subsistent quelques dures
Œuvres sauvages - tu perdures,
Esprit ! malgré les sépultures
Des temps neufs et l'accaparé
Chakra mystique, astral paré,
On en oubliera même Ré
- Ô, pèse-mers, si mal taré,
Flots incongrus des laides phrases
D’auteur, génie, où tu t’écrases ;
Doux mots fuyants, comme des hases,
Aux plantations de métastases.
- Ternis des modernes bonbons,
Vos ors ne sont plus que bubons
Sous la gueule, aux amers des fonds !
Grâce à vos affres, vos fards blonds,
Tout disparaît sous la surface
Étale d’une aurore basse
Dont le soleil absent s’efface
D’une mémoire sans embase.
- La ruse absolue est l’écrit,
Or ses cris s’éteignent, l’on rit
Qu’on pût s’éprendre du sanskrit
Antique, être au langage, esprit !
Quand tantôt le grand silence
Dialectique qui s’élance
De cette ignoble occurrence,
Dont l’incurie est la panse,
Adipeux s’étendra, gras,
A nos cultures, ray-grass
Envahissant de ses draps
- Linceuls acérés de rats -
Les absences de nos plumes,
Ces musiques, dont nous fûmes
Les instigateurs posthumes,
Pèseront !
du poids des runes.
