C'est l'écume des jours
C'est l'écume des jours
A un certain Colin
Qu'a perdu sa Chloé
La fleur est carnivore et le temps assassin
Et je pourrais mourir de ce qui me dévore.
C'est beau un nénuphar qui pousse dans un corps.
Je finis de tousser et j'en parle à Colin.
Lui ne sait pas tout ça, il se tue au turbin.
Il pousse sur les murs qui diminuent encore
Comme la mer qui mousse en faisant sur le bord
Une écume des jours qui rend le cœur chagrin.
On meurt pour des bouquins tout alentour de moi.
Tout ce qui était beau devient laid et réel
A cause d'une plante en moi qui se déploie.
J'ai ma vie à mourir des poumons qui s'en va
Et Colin à pleurer de son cœur qui se gèle.
Des orphelines vont casser la queue du chat.
A un certain Colin
Qu'a perdu sa Chloé
La fleur est carnivore et le temps assassin
Et je pourrais mourir de ce qui me dévore.
C'est beau un nénuphar qui pousse dans un corps.
Je finis de tousser et j'en parle à Colin.
Lui ne sait pas tout ça, il se tue au turbin.
Il pousse sur les murs qui diminuent encore
Comme la mer qui mousse en faisant sur le bord
Une écume des jours qui rend le cœur chagrin.
On meurt pour des bouquins tout alentour de moi.
Tout ce qui était beau devient laid et réel
A cause d'une plante en moi qui se déploie.
J'ai ma vie à mourir des poumons qui s'en va
Et Colin à pleurer de son cœur qui se gèle.
Des orphelines vont casser la queue du chat.
À l’endroit où les fleuves se jettent dans la mer, il se forme une
barre difficile à franchir, et de grands remous écumeux où dansent les
épaves. Entre la nuit du dehors et la lumière de la lampe, les souvenirs
refluaient de l’obscurité, se heurtaient à la clarté et, tantôt immergés,
tantôt apparents, montraient leurs ventres blancs et leurs dos argentés.
Boris Vian / L'écume des jours
barre difficile à franchir, et de grands remous écumeux où dansent les
épaves. Entre la nuit du dehors et la lumière de la lampe, les souvenirs
refluaient de l’obscurité, se heurtaient à la clarté et, tantôt immergés,
tantôt apparents, montraient leurs ventres blancs et leurs dos argentés.
Boris Vian / L'écume des jours
