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Et si vieillir venait me voir ?
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Ma barque s’est usée à la lame des ans
Et j’apaise mes pleurs, car je n’ai plus vingt ans.
Mes premiers pas chagrins font mystère du jour
Qu’épargnera le temps, dans sa main de velours.

Vieillir dans la douleur au fronton de mes rides,
De mes roses fanées, de ces sillons arides.
Je compte les années, la clepsydre à rebours
De ce vent qui souffle les fascinants détours.

Je n’ai plus le printemps au tourbillon du vent,
L’éclatante beauté de l’enfant innocent.
Je n’ai plus la couleur des blés et des froments.
J’ai la tête à l’envers sous quelques cheveux blancs.

Ma barque chahutée n’aura plus son pâtour
Tant ce troupeau, hurlant, omettra mon secours.
Dans mes profonds regrets, sans cesse se cachait
Le regard caressant du petit que j’étais.

Désormais, le bâton et la blanche colombe
Guideront mes pas lents à l’ennui de la tombe.

© Poème posté le 14/03/2024 par Loriani

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