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Continences et bonnes mœurs
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L’art se moque de la pudeur,
Et ses faucons
Restent assujettis aux sons,
Sans haut-le-cœur !

Chez les cracks, point de cris d’orfraie
Pour un mot sale ;
Point de rougeur couvrant le hâle
Devant la raie...

D’une dame - ou bien d’un monsieur -
… Sous le calot,
Sous le béret qui, tout là-haut,
Fait l’air rieur

A la fesse, beaucoup plus basse,
Dont on jouit,
Quand, idéal qui s’enfouit,
N'est rien qui fasse

Tordre ainsi la lèvre et le nez
Avec dégoût
Ni subir, si prude, le joug,
- Vous devinez ?

Le carcan preux des bienséances
Où l’on s’ennuie,
Comme une borne, sous la pluie
De ses béances !

Rien n’empêche au poète user,
Hors des manteaux,
De tout terme, au soleil, sans tauds
Ni s’excuser !

On a vu quelque « prout ma chère »
Arriver loin,
Mais, même en fumant trop de foin,
Coincer ! - Peuchère !

La médecine n’a de gain
Qu’étant partout ;
Gênée, elle serait knock-out
Devant un sein !

La philosophie efficace
Se rit des codes
Et pour chanter de belles odes,
Ces tons salaces

Ne messiéront pas dans les vers
Qu’un souffle enduit
De cette peinture qui luit
De sons pervers !

Cet art, sans pudibonderie,
- Fors les vrais cons -
On aimera ses déraisons
Car c’est la vie !

© Poème posté le 23/02/2024 par Salus

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