Hivernales douceurs
3
Le soleil pâle et timide
D’un début d’après-midi,
La bise froide et limpide
Accourue de l’infini,
Le pas profond dans la neige,
Sans hâte et sans but précis,
Les arbres nus en cortège
Où le silence est assis.
Les granges, comme assoupies,
Du givre au bord de leurs toits,
Les maisons, comme engourdies,
Le ciel au bout de leurs doigts,
Le long chemin qui s’arrête
Tout près du seuil attendu,
La salle où la table est prête
Et son parfum reconnu.
Le feu dans la cheminée,
Le jour qui baisse et se tait,
La lampe sourde allumée,
La soupe, le pain, le lait …
La haute horloge qui sonne
Et son ombre de géant,
La chanson que l’on fredonne
Sur le sommeil de l’enfant …
