Je n’ai la mémoire que des mots équarris
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Je n’ai la mémoire que des mots équarris
Des mots qui dévalent un sang sali
Des mots à l’odeur de carcasse
Des mots du bout des doigts de glace
Des mots à l’exuvie d’acier
Des mots fumants au-dessus des brasiers
Des mots ulcérés et suintants
Des mots à nœud coulant
Des mots aux sifflements de pierre
Des mots anonymes sur les ondes
Embrouillée dans les fils de l’air
Des mots ameutés de la nuit profonde
Des mots torpillés aux drones
Des mots lanceurs de couteaux fantômes
Des mots arrachés de la gueule des chiens
Des mots grenades dans la main
Des mots cloués sur la porte
Des mots que la rage transporte
J’ignore s’il existe encore
Des mots dansant dans la poussière de l’aurore
Des mots venus du bord des sourires
Des mots évadés d’une enclave de soupirs
Des mots posés juste au-dessus du silence
Des mots réchauffés sur la joue de l’enfance
Des mots pendus aux arbres fruitiers
Comme des globes de nectar
Remplis en été sur le tard
Des mots au syrinx taillés
Des mots au galbe de hanche
Des mots vibrant en haut des branches
Des mots de bouches à bouches transhumant
Comme des troupeaux d’agneaux innocents
Des mots sur l’étal de l’alcôve mûris
Des mots en brindilles de nids
Des mots aux douces caresses
Du papillon dont les ailes apparaissent
Des mots proférés un beau matin
Dont on dit toujours au soir le plus grand bien
Des mots qui dévalent un sang sali
Des mots à l’odeur de carcasse
Des mots du bout des doigts de glace
Des mots à l’exuvie d’acier
Des mots fumants au-dessus des brasiers
Des mots ulcérés et suintants
Des mots à nœud coulant
Des mots aux sifflements de pierre
Des mots anonymes sur les ondes
Embrouillée dans les fils de l’air
Des mots ameutés de la nuit profonde
Des mots torpillés aux drones
Des mots lanceurs de couteaux fantômes
Des mots arrachés de la gueule des chiens
Des mots grenades dans la main
Des mots cloués sur la porte
Des mots que la rage transporte
J’ignore s’il existe encore
Des mots dansant dans la poussière de l’aurore
Des mots venus du bord des sourires
Des mots évadés d’une enclave de soupirs
Des mots posés juste au-dessus du silence
Des mots réchauffés sur la joue de l’enfance
Des mots pendus aux arbres fruitiers
Comme des globes de nectar
Remplis en été sur le tard
Des mots au syrinx taillés
Des mots au galbe de hanche
Des mots vibrant en haut des branches
Des mots de bouches à bouches transhumant
Comme des troupeaux d’agneaux innocents
Des mots sur l’étal de l’alcôve mûris
Des mots en brindilles de nids
Des mots aux douces caresses
Du papillon dont les ailes apparaissent
Des mots proférés un beau matin
Dont on dit toujours au soir le plus grand bien
