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La Nostalkie
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Comment, oh, comment aurais-je pu faire mes adieux,
Aux habitants des tertres et des collines enneigés
Qui connaissent si bien la mélodie de mon cœur ?

Mon père a donné ma main à un homme venu d'un pays lointain,
Le roi des anguilles, comme on l'appelle dans les contes,
Dont le tempérament fait écho à la puissance d'un volcan,
Une âme ardente, brûlant dans la nuit.

“Rejoins-moi sur mon paradis fleuri”,
Entendais-je chanter au loin,
“Je t'offrirai des colliers de perles,
Et poserai sur ta tête rousse,
Une couronne de tiarés.
Ici, la faim ne te trouvera point,
Car même les fruits débordent de lait”.

Pauvre, oh pauvre de moi, fille de l'île verte,
Contrainte d'abandonner mon pays tant aimé,
Pour m'unir à l'inconnu.

Aurais-je vraiment dû écouter mon père,
Quitter la province d'Ulster,
Et changer d'hémisphère ?

Car au loin, mon promis chantait :
“Rejoins-moi sur mon paradis fleuri,
Je t'offrirai des colliers de perles,
Et poserai sur ta tête rousse,
Une couronne de tiarés.
Ici, la faim ne te trouvera point,
Car même les fruits débordent de lait”.

Comment, oh, comment aurais-je pu ?
Dire adieu à mes sœurs et frères,
Aux grands dolmens et aux cercles de pierre ?

Que seriez-vous devenue pendant mon exil,
Ô étendues verdoyantes et épaisses forêts,
Collines rocailleuses où siègent les légendes endormies ?

Pourtant, au loin, mon fiancé chantait :
“Rejoins-moi sur mon paradis fleuri,
Je t'offrirai des colliers de perles,
Et poserai sur ta tête rousse,
Une couronne de tiarés.
Ici, la faim ne te trouvera point,
Car même les fruits débordent de lait.”

Ô mon pays, à toi seul je resterai fidèle,
Car je préfère tes eaux glacées, tes falaises austères,
Aux lagons turquoise et aux sables si clairs.

Je vivrai mille famines plutôt qu'un jour d'abondance loin de toi,
Portant ton marbre comme un joyau à mon cou,
Et un de tes trèfles derrière mon oreille pour me porter chance.

J'ai donné mon âme à l'étreinte de la mer du Nord,
Je suis devenue une Selkie dans sa grâce écumante,
Entendez ma joie, dans cet espace aquatique.

Tandis qu’au loin, le roi-anguille chante encore,
“Rejoins-moi sur mon paradis fleuri,
Je t'offrirai des colliers de perles,
Et poserai sur ta tête rousse,
Une couronne de tiarés.
Ici, la faim ne te trouvera point,
Car même les fruits débordent de lait.”
J'ai préféré l'Irlande à Tahiti, me croyez-vous grâce à ce poème ?

© Poème posté le 26/01/2024 par Walkyrie

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