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À l’hôpital,
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Je ne suis pas serein, car je sais que pour moi
C’est le temps des bilans de mon âgée carcasse.
Je ne dois pas stresser et dominer l’émoi
Qui va me chagriner dans ma dure cuirasse ?

Les rendez-vous s’enchaînent à des heures impossibles
Je suis à la merci des médecins du corps.
J’en ai découvert un qui était accessible
Après des discussions, enfin, j’ai eu l’accord.

Brève consultation, pour me prescrire enfin !
Un autre rendez-vous chez un autre confrère.
Avec les résultats qu’il m’enverra à fin
De savoir, peut-être, comment vont mes artères.

Finir à l’hôpital, oh ! moi, jamais…avant !
Mais les impératifs sont sans pareils d’émois.
Il faut vivre son temps et rester dans le vent
En fuyant constamment tout ce qui n’est pas moi.

Je dois encor attendre cet obtus rendez-vous
Qui scellera mon sort pour mon restant de vie.
Mes pensées se déroutent, après tout je m’en fous
Seul compte maintenant, mon amour, ses envies.

Avant ça, je venais rendre visite aux autres
Aujourd’hui c’est pour moi que j’arpente ces lieux.
J’ai enfin rendez-vous avec ce bon apôtre
Spécialiste d’images de l’intérieur des vieux.

Les couloirs de la mort leur sont prédestinés
Leurs belles blouses blanches les font apercevoir
Ils courent pour la vie en ces lieux confinés
Recherchant l’impossible d’un partage d’espoir.


Écrit par Daniel LEFEBVRE
Le 12.01.2024
Tous droits réservés ©

© Poème posté le 18/01/2024 par Lefebvre

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