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Le goût du pain blanc
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Il y a beau temps, belle lurette
je comptais mon âge en printemps
De mes festins tombés en miettes
j’ai gardé le goût du pain blanc.

Hardie, prenant le mors aux dents,
entre galops et galipettes
sous mes sabots giclait le vent
il y a beau temps, belle lurette.

Je fus la muse d’un poète
main dans la main, tendres, confiants,
nous musardions, faisions goguette,
je comptais mon âge en printemps.

Nous ne savions pas qu’au tournant,
au coin d’un bois le temps nous guette
je lui ai laissé le croquant
de mes festins tombés en miettes.

Depuis je vais, je viens, quiète
ainsi qu’un merle sifflotant
se régale de quelques miettes
j’ai gardé le goût du pain blanc

celui des vers s’entrechoquant
qu’ils soient vins de fête ou piquette
autour d’un flacon gouleyant
entre amis d’une même quête
il fait beau temps.
Pour rappel :
*Au XVIe siècle le « rondeau redoublé » (ou « rondeau parfait »), pièce de vingt-quatre vers, disposés en six quatrains avec une reprise du premier quatrain dans les quatre suivants. « Les quatre vers du premier quatrain font l'un après l'autre le dernier vers des autres quatrains ; le sixième de ces quatrains doit être suivi de la répétition du premier mot ou de l'hémistiche du premier vers de l'ouvrage »

© Poème posté le 16/01/2024 par Arielle

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