Il a habillé de graphite noir
Sa main, passant l’autre dans ses cheveux
Et s’est assis pesamment en ce lieu
Où il écrit : son pupitre du soir.
Il a rapproché une feuille blanche,
Sans amusement, dessous le crayon,
Quand de ses doigts, en noirs et ronds flocons,
Des larmes-mots ont chu en avalanche.
Le texte alors a pris chair d’un poème,
S’assombrissant, oubliant la pudeur,
Pompant grain après grain cette douleur
Que son cœur met à nu et parfois sème.
Rien ne trouve plus grâce sous sa plume
Même pas la venue d’un Nouvel An…
Le Monde l’écrase plus lourdement
Qu’un marteau forgeant le fer sur l’enclume.
