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Non finis
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Les mots, ces mots français grâce auxquels on voyage,
Latins, pour la plupart, du lexique, maillage
Et glissement du sens et du son sur mille ans,
Les noms, ces noms d’oiseaux, des moineaux aux milans,
De la guerre à l’amour, depuis le babillage

Au monologue grec, avec ou sans hapax,
D’un timide incipit à l’étoilé climax,
Usant de l’antonyme en jurant l’homophone,
Quand du matin, satyre à l’après-midi, faune,
L’Hellène au Romain donne un air de contumax.

Anyway, l’émotion, mais surtout le commerce
Oh my god ! Qu’est-ce trou, cette incroyable gerce ?
- Te souviens-tu, Darling, tu jetas ton chewing-gum,
En plein sur le parking, il restait du bacon
But it’s raining again, what a fucking averse !

Aujourd’hui, ramadan, donc point de déjeuner,
Sucre, alcool, abricot, walou, rien n’amener ;
Lors s’occuper du chiffre et faire un peu d’algèbre
Et si c’est trop coton, le hasard sur la lèvre,
Attendre le zénith, l’azur, imaginer.

- Je passe. Eh t’as du feu ? J’allume une Gauloise,
Au temps de l’alouette, auprès de quelque eau d’Oise,
Près la bruyère, marche et j’aime ce chemin,
T’embrassais sous le chêne, et sur ton sein ma main,
Ruth, Graziella, Jenny, Tassadit ou Françoise.

Complexe est cette langue, est notre toit, pardi !
Quand du krak à l’igloo, du sweet home au gourbi,
Comme l’on déménage et comme on emménage
Sur la route, Babel, en suivant ce nuage
A vivre de sa pluie aux portes du tipi.

Certains en paréo, d’autres en anorak
A siffler du raki, s’enfiler de l’arak
Tchin-tchin ô mes Amis ! Et soufflons sur les braises,
Il nous reste au dessert d’appétissantes fraises,
Fraternité du mot, peulh, islandais, kanak !

© Poème posté le 24/12/2023 par Lau

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