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Dernier madrigal


Je me sens naître, et je me sens mourir ;
Traîtres sont l’âtre et l’être de notre âme,
Vicieux foyer et trop charmante femme,
C’est votre joug qu’il me faut encourir !

Je ne vais plus, pour explorer, madame,
La sensation comme le souvenir,
Dresser mon phalle au pied du noir menhir
Quand la sorcière offre un pâle sésame

Aux nuits de lune où vont s’entretenir,
Les yeux brillants, ces fous que leur feu damne
Et dont j’étais, Barbe-Bleue et sœur Anne,
Le paradigme - et mes cieux vont ternir.

Si vous souffrez, en ranimant la flamme,
Soufflez donc fort, pour pouvoir m’affermir !
Je ne pourrais guère plus que frémir,
Bientôt je sens se détremper ma lame

Et s’assombrir l’heur du proche avenir,
Le jeu, d’ici là, devra bien finir
- Plus d’amour, plus le moindre épithalame !

© Poème posté le 20/12/2023 par Salus

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