Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

Le goéland des villes
4



Son œil d’or nous contemple avec un froid dédain,
pauvres humains cloués au sol, 
cependant qu’ il s’envole au sommet des toits plains,
miradors de la métropole
où l’oiseau argenté réside en souverain.

Depuis ce belvédère il guette ce qui tombe
de la fenêtre ou de la main,
les ailes en ciseaux, il dégringole en trombe,
louant bien fort en son latin
cette manne qui choit comme un gibier qu’on plombe.

Plumage étincelant, l’air doux d’une mésange,
accompagné de ses poussins,
l’effronté va quêter sur les lieux où l’on mange,  
ainsi le bel oiseau marin
enseigne à ses petits à pêcher dans la fange.

La féconde cité pour lui est une mine
qui le nourrit de son trop-plein ;
ayant laissé la vase aux mouettes ses cousines
il est devenu citadin
et, parmi les passants, sans crainte se dandine.

© Poème posté le 16/12/2023 par Cardaline

...
× Illustration agrandie