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Le temps d'un instant
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Le temps d'un instant, j'ai rêvé
Au sein de cette fin inachevée
Aux enfants invisibles qui lorgnent
Ce lopin de terre sèche égaré
Vestige d'un monde apeuré
Par des guerres vicieuses enterré
Monde érodé, éviscéré sans vergogne

Le temps d'un instant, j'ai pleuré
Ces millénaires de trépas effleurés
Pleuré ce coin bleuté de firmament
Désormais assombri sous la pointe noire
D'une obscurité tuméfiée, déserte de mémoire
Pleuré l'ère profanée, vouée au mouroir
De tous ces peuples écartelés impudemment

Le temps d'un instant, je me suis noyée
Au creux des vagues de l'océan broyé
Crachée sur une plage de sable cristallisé
Mon esprit agité sous la pulvérisation
De la pensée sacrée, ancre des civilisations
S'est échoué sur les berges de l'extinction
Hommes et bombes, côte à côte fossilisés

Le temps d'un instant, j'ai maudit
Ces potentats de paradis
Rejetons d'un veau d'or assoiffé
Puissants suintant l'opulence
Des pores mêmes de leur engeance
J'ai maudit l'aveuglement de la décadence
Misérable hiérarchie d'un titre coiffée

Le temps d'un instant, j'ai entendu
Au portail de la Chimère distordue
Le rire des illusions factices
Tapage caverneux intolérable
Sans foi, ni loi, guignol redoutable
Déposer un ricanement lamentable
Aux pieds d'un Satan complice

Alors, agenouillée sur l'instant présent
J'ai prié le retour d'un ciel oranger
Monarque de la noblesse vespérale
J'ai imploré la lune, glorieux astre de nuit
De franger les étoiles de minuit
Afin d'illuminer ce ciel qui s'ennuie
Du salut du jour au petit matin théâtral

Sur ma requête s'est soudain dessiné
Le sourire d'un enfant sous mes yeux fascinés
Les hommes aux champs entamaient une ode à la beauté
Et les oiseaux piaillaient leur gratitude
Les mères aux seins pleins penchaient avec mansuétude
Sur cette terre en quête de sollicitude
Le miracle sublime de leur maternité

Et le temps
Sur l'instant
S'est recréé!
Cet écrit fait partie d'un petit recueil que l'on n'a jamais voulu publier protestant qu'il n'y aurait pas de clientèle pour un tel genre .. dommage!

© Poème posté le 06/06/2010 par Mademoiselle

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