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Blason
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Reconnaissons que les Grecs avaient l’œil
Quand, souhaitant célébrer la beauté
hardie d’un cul, ils évitaient l’écueil
de l’onctueuse pêche veloutée

On a loué l’éternel féminin
ses tendres fruits frémissant sous la feuille
moi je préfère, au modelé d’un sein,
le vigoureux postérieur que je cueille
d’un œil coquin dans le dos d’un garçon.
Ferme croupion ou gentil popotin
son gabarit me file le frisson

J’encenserai l’éternel masculin
effrontément jailli d’un caleçon
ou dans le marbre haussant sa volupté
je me ferai disciple sans façons
du beau fessier, de la chute de reins
que Polyclète** exalte en ses canons

Quand, souhaitant célébrer la beauté
hardie d’un cul, ils évitaient l’écueil
de l’onctueuse pêche veloutée
reconnaissons que les Grecs avaient l’œil

** «Le blason est un type de poème à la mode au XVIᵉ siècle qui repose sur un parti-pris thématique : le poète s'attache à un détail anatomique du corps féminin et en développe l'éloge"

* Polyclète est un sculpteur grec du premier classicisme (Ve siècle av. J.-C.), Il rédigea un traité sur son art " le Canon "

© Poème posté le 03/12/2023 par Arielle

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