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De guerre et de frontières
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Las de glaner le grain trop léger à la bouche
d’errer à la merci des affres de la faim
las de traquer des proies cruelles ou farouches
l’homme devient pasteur et boulange son pain ...

dont s’empare aussitôt une main étrangère
poussant le clan à vivre entre des palissades.
De ces rangées de pieux ont surgit les frontières
d’où l’on entend encor gronder la canonnade.

Ces lignes ont tremblé devant l’envahisseur,
ont oscillé suivant la fureur des batailles ;
le feu parlait plus fort que la raison des cœurs ;
ainsi toujours plus haut s’élevaient les murailles.

Si quelque obus encore explose dans le ciel,
le commerce à tous crins détourne des conflits.
Pour calmer les ardeurs il est providentiel
et comble les passions, les désirs, les folies.

Invincible pourtant, le sentiment de haine
surpasse en énergie la plus chaude amitié.
Aussi la soif de paix universelle est vaine :
sur cette boule bleue on aime à guerroyer.

© Poème posté le 29/11/2023 par Cardaline

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