On parl’ de Waterloo, mais ici c’est bien pire :
Cette mêlée jamais ne sauvera l’empire !
Jamais humain n’a vu pareille débandade :
Les régiments royaux vont subir l’estocade !
Car les fous à la Dame ont soudain fait la cour
Sans que le Roi ne voie où mènent leurs détours
Ni tous les Pions pioncer au lieu de le défendre,
Tandis qu’il reste, oisif, à se détendre.
A ses côtés les Tours, qui ne prennent pas garde,
Feignent de ne pas voir les murs qui se lézardent,
Alors qu’à tout instant ils pourraient s’effondrer
Et laisser l’ennemi, sans peine, pénétrer.
Les Cavaliers d’en face viennent au grand galop
Semant le désarroi en multiples assauts,
Franchissant les halliers, piétinant la piétaille,
Désormais convaincus de gagner la bataille.
Alors le Roi soudain comprend son agonie,
Voit s’éloigner de lui celle qui fut sa mie,
Son armée en déroute et ses lign’s enfoncées,
Et reconnait enfin celui qui l’a maté.
