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Petite suite
1

De l’orage


En ce matin gris
Où les oiseaux ne chantent plus
Je vais en compagnie de Rilke.
Alors de ce que j’en ai lu,
De ses lettres qui parce que

En panne d’inspiration
Me disent que de patience
Il faut s’armer, que passion
N’est que future sapience.

De l’orage sombre, l’éclair
Allume de ce blanc cierge
La mèche : lors y voyant clair
Je remplis la page vierge.

Puis s’écoule comme un flot
Trop plein qui explose et libère
De mon âme, profonds sanglots
Qui en chants délicieux errent.


En de profonds sanglots


Et puisqu’ils s’en vont ainsi
Dans leur locution spasmodique
Redoutant la lumière épisodique
De plus amples carnavals
Aux masques tordus par l’infernal.
Ils déversent des torrents de boue.
De gigantesques troncs debout
Érigés comme par miracle
De branches tordues en un cénacle
D’hirsutes et fantasques pantins
Nageant sur le menu fretin
De l’enchevêtrement des branchages,
Témoins des vastes carnages
Que des pleurs diluviens
En un réflexe pavlovien
Vont alimenter la genèse
De plus vastes synthèses.

Alors éclate un grand soleil
Et dans des vapeurs sans pareil
Comme autant de lueurs divines
Conversent d’innombrables ondines.


Un grand soleil


Maintenant que la parole se libère
Qu’il n’est que cacophonie de lumières
Maintenant que l’arc-en-ciel
Majestueux et immatériel
De ses couleurs décline
La gamme irisée et divine
Maintenant qu’en myriades
Les voix forment cascades
Maintenant que le concert
Trouve en écho l’univers
Nous renvoyant l’harmonieuse
Partition de ces voix mystérieuses.

Maintenant il faut que l’espoir
Accompagne le murmure de nos soirs.

© Poème posté le 10/11/2023 par Saintes

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