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Poème écrit par Deshaiessaintes

Pour trouver du Novo

J’ai visité, en songe, mythique et inchangée,
Insensible aux années, de jeunesse éponyme,
La faune qui égayait la nocturne Pangée,
Et plongé, en apnée, dans sa foule anonyme.

En parenthèse prodigue en tangages survoltés,
La décade regorgeait de voltiges et de danses,
Le prodige fut qu’on crut, quand les digues eurent sautées,
En l’apogée gorgée de suave décadence.

Les chevelures zébraient d’hybrides luminescences,
Les sculpturaux dorsaux huilés des discoboles,
Les rouages culturels de mes réminiscences,
Agrippent, de cette Babel, la sensible hyperbole.

Les riffs aux griffes couture carambolaient la pop,
Le tango, les arpèges joués piano-piano
Des gadjos agrégeaient Django à Iggy Pop,
Le disco s’engageait avec Brian Eno.

C’était sucré-salé, des larmes et des baisers,
Un charme en clair-obscur, l’éclat mat des néons,
L’insolence cavalière de chevaliers Eon,
Servait, en mot de passe, de marque déposée.

En son sein, palpitaient les rixes équivoques,
Les regards lourds de sens se risquant, à dessein,
A, piquant leur égo, hérisser les jeunes coqs,
Délicats et rosés, si pareils aux oursins.

La rouerie, apanage, des descendants d’Egée,
Le culte des Dieux-Paons, en secret, protégés,
D’occultes égéries : aimaient s’y adonner,
Monarques déposés, les Pans emboucanés.

Les bohèmes saturniens, les anneaux échangés,
S’enfonçaient en eux-mêmes comme en d’aqueux coussins,
Comme une trainée de poudre de ris, mélangée,
A un théâtre No grimaçant et malsain.

Cette décennie naissant sous les auspices divins
Du jeu de l’artifice d’une jeunesse infinie,
Fit long feu et finit dans une terne agonie,
L’arborescent Marquee,(1) sous pseudonyme, revint.

L’époque redéfinit méta langages et codes :
La frime robotique du dandysme littéraire,
Retrouve sa prime genèse post révolutionnaire,
Au prisme synthétique chargée sur les iPod.
Pour le titre, je détourne l'injonction finale de Baudelaire dans 'Le voyage" Le concept de novo génialement théorisé par Yves Adrien dans le fulgurant Novo Visions est apparu au début des années 80 et fut notamment relayé par le magazine Actuel. Concept de l'hyper modernité, il louait la fête comme perdition et dissolution de l'identité et prophétisait le devenir robot de l'homme et l'hybridation des genres.
(1) Boite de nuit londonienne, épicentre du mouvement new wave.

Tous droits réservés © Poème posté le 07/11/2023 par Deshaiessaintes

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