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Le meilleur des mondes possibles
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S'il est vrai que parfois elles vendent leurs corps,
J'exerce un beau métier : je ne vends que mon âme.
J'ai signé un contrat et, chaque jour, je rame
En ce bel open space, aseptisé décor.

Il n'était pas de sang, et Méphisto n'est pas
Le nom de mon Pater. Je dois pendant huit heures,
Sans compter les transports, fournir un gai labeur
Qui cessera juste la veille du trépas.

Durant un tiers de vie, je suis une fonction,
Je ne suis plus moi-même afin de consommer ;
Voyant depuis ma chiourme, au plus haut des sommets,
Donner le maître à ses sujets l'extrême onction.

Mais je voulus entrer dans cette vie active
Car enfin je serais libéré des parents !...
Je gagnerai mes sous, je serai enfin grand !
Dragouiller les nanas, m'offrir cette sportive

Avec plein de chevaux en dessous du capot !
D'autres rêves je n'ai qu'en présent immédiat.

La routine du père le fils copia
En prolongeant ainsi la lignée des nabots.

Et pour continuer sa vie de sous abri
Il dut renouveler son contrat très souvent.
On le félicita, ce n'était que du vent ;
Et tout doucement, il devint un vieux débris.

Grand penseur, il clamait n'être que pour la paix !
Il voulait que chacun vive avec dignité,
Le bonheur se trouvant dans la docilité
Et le devoir n'étant qu'une course de haies...

Grand pacifiste, il concevait de jolies cartes
Électroniques, qui guideraient des missiles
Défensifs... Il faut bien fabriquer des fossiles !...
On ne vit plus au temps des sauvages de Sparte !

Dans sa bonne conscience, il osait protester
Contre la guerre et toutes ces vilaines choses
Qu'il condamnait fort bravement, au fait des gloses,
Afin que ne soient plus les peuples empestés.

Mais tout cela sans doute n'est pas très mauvais,
Si peu que cela même pourrait être bien...
Car enfin, là nous sommes, et ce n'est pas rien,
Cet équilibre maintenu, où là je vais...
©JIM

© Poème posté le 06/11/2023 par Jim

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