Défense du vice
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Si je décrie, ô demoiselle,
Ta misère de pauvre oiseau,
Pas ne t’oublie, ô damoiseau
Qui bat également de l’aile :
Du crachin de ses yeux chagrins
Aux fines brumes de ses larmes,
Le sel empoisonna les charmes
Où durent fuir de tendres grains ;
Nulle récolte pour la belle,
Nulle bulle d’amour ne naît ;
Pas même œillade d’un benêt,
Rien - la vie absente nivelle
Les soubresauts de sa passion
Et fera, terriblement sage,
S’étioler, comme avance en âge,
La fille à l’inverse ascension…
Là, l’imagination le cède
Au furieux pouvoir des esprits,
Vecteur de rets où l’on est pris,
Empêché, clos, poissé, puis raide !
Amants de tous les horizons
A qui l’on ment et qu’un sort mate,
Partez pourtant sur la frégate
Qu’en vain parfois nous arrisons ;
Si son allure et trop ardente,
Mieux vaut le vent, quitte à couler,
Plutôt qu’accepter d’acculer
La lumière aux enfers de Dante.
Hantez le vice et les amours,
Tentez les malices sans cesse,
Tout est licence, sans promesse,
Faisons salace de velours !
