Appétit
Ensemble au seuil de la vie,
Unilatéralement,
Pulvifére, un vieux cément
Peine à retremper l’envie.
La nuit s’approche et nos faims
Font une eau raréfiée
Au désir - mort défiée
(Par nos sexes séraphins),
Tu rendras la fiancée
Silencieuse, et ton néant
Nous sera ce trou béant
D’une chute devancée…
L’amoureuse - ou l’amoureux -
Ont plus que tout autre à perdre
(Que tragique est toute Phèdre ;
Il n’est point d’Orphée heureux) ;
Par les gigantesques pertes
Du bonheur sous Damoclès,
La Faucheuse - dame aux clefs -
Fera les amours désertes…
Mais malgré le joug du temps,
S’il se peut que le feu dure,
Je fais fort, de ma fêlure
(Celle-là des boucs contents),
D’éveiller la chaste lèvre
Proposée en chaque fleur,
Du plaisir dont mon corps fièvre,
Entiché de leur chaleur.
