L'Autel de Mon Ombre
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Une réflexion pâle dans une eau sombre
Me rappelle à moi-même la douce folie
D'une joie éphémère et de mon cœur meurtri,
Souvent sacrifié sur l'autel de mon ombre.
Tout vient à sa fin, du premier au dernier rire;
Avec mon souffle, autant en emporte le vent.
Alexandre parvint à fonder un empire,
J'en ferai autant.
Les règles sont bien faites pour être brisées,
Mais je ne suis ici qu'un amas de gravats
Au pied d'un temple au grand dieu déchu, renié.
Le suicide pour seule issue, il sauta.
La corde n'est plus seulement dans mon garage
Ce n'est pas la Voie, ni ma volonté pourtant,
Mais cette conscience invivable m'attend
À chaque pensée, à chaque nuit sans orage
Il n'existe aucune issue, aucune lumière;
Je n'ai plus qu'à fermer les yeux et emporter
Un dernier mystère loin de six pieds sous terre :
Pourquoi je suis mort, sans sourire aux malheureux
Que je laisserais sans remords, traînant derrière.
Je n'ai plus que ces quelques lignes oubliées
Pour passer des sanglots retenus malgré eux.
Il ne manque qu'un instant de pur désarroi;
Sur mes épaules depuis si longtemps brisées,
Des heures durant, et pour encore des mois,
Je dois supporter le poids du vide, l'été.
Tout ce que j'étais n'est qu'un passé imparfait.
Je désire devenir une autre personne
Ou bien devenir personne, vraiment parfait;
Car parfaite est la mort, qui dans les cieux résonne.
Pour quel verset de quelle bible devrais-je
Verser mon sang, et le garder sous verre et liège?
Une lame me suffit, mais je ne pourrais
Me contenter de tracer une seule plaie.
Je traverse sans cesse les mêmes sentiers,
Taille la même brindille, la lance au loin,
Je la retire au même endroit le lendemain,
Me noie dans le même lac hier asséché.
Une chambre d'hôtel d'une telle blancheur
M'inspire un vers par son impeccable candeur,
Me tirant vers une courte nuit de miracles
Il ne manque à ma trop longue vie qu'un oracle.
Une île déserte a autant besoin de moi
Que de sable fin, une terrible mâchoire
Emplie d'écume et d'orgueil, s'y écrasera
Mon cœur brisé sur les écueils soir après soir.
Me rappelle à moi-même la douce folie
D'une joie éphémère et de mon cœur meurtri,
Souvent sacrifié sur l'autel de mon ombre.
Tout vient à sa fin, du premier au dernier rire;
Avec mon souffle, autant en emporte le vent.
Alexandre parvint à fonder un empire,
J'en ferai autant.
Les règles sont bien faites pour être brisées,
Mais je ne suis ici qu'un amas de gravats
Au pied d'un temple au grand dieu déchu, renié.
Le suicide pour seule issue, il sauta.
La corde n'est plus seulement dans mon garage
Ce n'est pas la Voie, ni ma volonté pourtant,
Mais cette conscience invivable m'attend
À chaque pensée, à chaque nuit sans orage
Il n'existe aucune issue, aucune lumière;
Je n'ai plus qu'à fermer les yeux et emporter
Un dernier mystère loin de six pieds sous terre :
Pourquoi je suis mort, sans sourire aux malheureux
Que je laisserais sans remords, traînant derrière.
Je n'ai plus que ces quelques lignes oubliées
Pour passer des sanglots retenus malgré eux.
Il ne manque qu'un instant de pur désarroi;
Sur mes épaules depuis si longtemps brisées,
Des heures durant, et pour encore des mois,
Je dois supporter le poids du vide, l'été.
Tout ce que j'étais n'est qu'un passé imparfait.
Je désire devenir une autre personne
Ou bien devenir personne, vraiment parfait;
Car parfaite est la mort, qui dans les cieux résonne.
Pour quel verset de quelle bible devrais-je
Verser mon sang, et le garder sous verre et liège?
Une lame me suffit, mais je ne pourrais
Me contenter de tracer une seule plaie.
Je traverse sans cesse les mêmes sentiers,
Taille la même brindille, la lance au loin,
Je la retire au même endroit le lendemain,
Me noie dans le même lac hier asséché.
Une chambre d'hôtel d'une telle blancheur
M'inspire un vers par son impeccable candeur,
Me tirant vers une courte nuit de miracles
Il ne manque à ma trop longue vie qu'un oracle.
Une île déserte a autant besoin de moi
Que de sable fin, une terrible mâchoire
Emplie d'écume et d'orgueil, s'y écrasera
Mon cœur brisé sur les écueils soir après soir.
Pure catharsis, à ne pas prendre au pied de la lettre.
