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La libellule (schaltinienne)
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À force de nouer ses doutes délétères
Avec le fil des jours le cocon se déchire
Et la nymphe frissonne, éberluée s’étire
Déploie une voilure inespérée, légère.

Voilà qu'en mon sommeil me sont poussées des ailes,
Quelque divinité passant par ce verger
A dû m'ensorceler, songe la demoiselle.

Cette Larve rampante en route vers sa mue
Au rang de schaltinienne elle se voit promue

Parfois d'un noir brouillon jaillit une étincelle…

***

Mais il est plus courant qu’un asticot n’ait droit,
Qu’au trop modeste éclat d’un tâcheron de l’ombre
Malgré tous ses efforts pour s’extirper du nombre,
Il ne percera pas, ni plus que vous et moi.

Voyez sauter ce pou, la pauvre créature
Ne sera pas payée de l’ardeur qu’elle déploie,
Le ciel n’est pas son lot, ô marâtre Nature !

Quel caprice a offert tant de légèreté,
Tant de grâce innocente à l’insecte bleuté ?

Le poème naît-il du hasard le plus pur ?

Pour rappel :

La schaltinienne est un poème composé de 2 fois 10 vers, comporte chaque fois un quatrain à rimes embrassées, un tercet, un distique, un vers médaillé (ou isolé). Ils doivent être indépendants l'un de l'autre et surtout pas raccrochés, par la conjonction « et » par exemple.
Le mètre utilisé est l'alexandrin sur le schéma suivant :
ABBA-CAC-DD –C EFFE-GEG-HH-G

© Poème posté le 12/09/2023 par Arielle

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