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Poème écrit par Pairain

La mère morte

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Aujourd’hui maman est morte, ou hier peut être,
Je ne ressens de tristesse même au fond de mon être.
Dans cet immaculé monde on me voit comme une tâche,
Mais je suis un bateau qui n’a pas de port d’attache.

On lit en moi un cœur vide, on me dit ordurier,
Mon navire vogue seul, flottant sur une mère morte,
Je n’ai pour personne d’inclinaison d’aucune sorte,
Mais si c’est avec Marie je veux bien être marié.

Je le vois dans ses yeux c’est le jour de sa vie,
Sur cette plage avec moi, je ressens ses envies,
Je la laisse seule un temps et, pendant qu’elle m’attend,
J’ai abattu de sang-froid un arabe au chaud sang.

Après des jours et des jours d’un plus profond ennui,
Après maintes questions durant des nuits et des nuits,
Et après un procès qui, il me semble, dura des années,
J’apprends sans surprise que me voilà condamné.

Comme l’on pouvait s’y attendre maintenant je croupis,
Dans cette prison lugubre à moitié assoupi,
À vous compter ma vie, courte et riche, aumônier.
J’ai vécu sans regret je ne peux le nier.

Comprenez bien monsieur, je ne suis point mauvais
Et quand je vous vois là, assis à mon chevet,
Je sais qu’il est très proche le jour de ma grande mort,
Et c’est le cœur léger que j’accepte mon lourd sort.

Dites bien à la ronde, que si le jour où arrive,
La mort de votre mère, votre cœur ne dérive,
Alors faites attention aux gens que vous toisez,
Ou c’est la guillotine que vous allez croiser.
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Tous droits réservés © Poème posté le 30/08/2023 par Pairain

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