Au marché du temps qui passe
me suis soûlée de senteurs
fait provisions de couleurs
inventée plus de saveurs
que n’en saurais déguster
J’ai bien garni mon panier
des échos de la criée
dont je vais me régaler
dressant en vers la moisson
de ma quête de chansons
La marche du temps ne lasse
que ceux qui n’ont pas compris
qu’une botte de radis
ouvre aussi bien l’appétit
du poète qu’une rose
Pour enchanter son potage
chacun puise à sa façon
bouquets de quatre saisons
aromates et frissons
au marché de Blanche Page
où le sourire est gratuit
