Hic et nunc
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Il n’est moment plus doux qu’une soirée d’été,
Quand la ville devient un bourdonnant silence
Plein des sombres clartés d’un ciel soudain immense,
Pour goûter les bienfaits de l’immobilité.
Il convient de choisir, à même le sol dur,
Un endroit visité par l’aile de la brise
Et de m’étendre là, sous la caresse exquise
De ce souffle ténu, de ce frôlement pur.
Que nul n’ose troubler, parmi ceux d’ici-bas,
Les arcanes cachés de ma béatitude,
Car j’atteins les hauteurs de cette plénitude,
De cette volupté, révélées aux seuls chats.
Qu’il est suave, alors, de laisser simplement
Le temps, ce vagabond, passer sur ma fourrure
Puis, vêtu de l’éclat subtil de sa parure,
De m’étirer enfin dans un ronronnement.
