Déploraison
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Tu m’as lassé de vilenie ;
De bêtise et de trahison ;
Les méchancetés que l’œil nie
Sont ta plaie et sont ta prison !
Pourtant la beauté c’est le son,
C’est le pur produit du frisson
Né de l’absence et de – honnie -
La loi, souvenance hennie
Par la cavale du passé,
Emballée, affolée, inane,
Cabrée à ce mental racé
Poussant ses stolons comme igname
Aux champs dévastés de l’esprit
Où seul ce chant, qui jadis prit,
Agreste, en ces friches sinistres,
Fait entendre cloches et sistres
Par-delà ces fièvres si tristes…
