Ballade de l'amour volage
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Jolis galants et tendres jouvencelles
Joutez, ardez, follement au déduit
Et glorifiez Amour sur son autel
Il n'est de culte plus doux, sur ma vie,
Mais m'en croyez, enfants, n'oubliez mie,
De vous défier de sa griffe de fauve
Souvenez-vous qu'il faudra sans merci
Fuir le bonheur avant qu'il ne se sauve.
Fraîches amours, amourettes nouvelles,
Vous accolant et baisant à l'envi
Le temps vous tient en sa poigne cruelle
Si fort serrés qu'il vous aura du nid
De vos ébats, doux oisillons, bannis,
Sitôt déclos les rideaux de l'alcôve.
Ne vous échoit qu'une issue ce jour d'hui :
Fuir le bonheur avant qu'il ne se sauve*
Gracieux souris, scintillantes prunelles,
Usez en bien avant qu'ils soient flétris
Oncques céans ne sont joies éternelles !
De l'innocence ayant payé le prix
Le père Adam à ses dépens apprit
Qu'en chaque fruit un vil serpent se love.
Voilà qu’il faut, privés du paradis,
Fuir le bonheur avant qu'il ne se sauve
Amants, quittez ce mausolée fleuri
Où me languis, seulette en mon alcôve,
N'ayant pas su, comme je vous en prie,
Fuir le bonheur avant qu'il ne se sauve.
Joutez, ardez, follement au déduit
Et glorifiez Amour sur son autel
Il n'est de culte plus doux, sur ma vie,
Mais m'en croyez, enfants, n'oubliez mie,
De vous défier de sa griffe de fauve
Souvenez-vous qu'il faudra sans merci
Fuir le bonheur avant qu'il ne se sauve.
Fraîches amours, amourettes nouvelles,
Vous accolant et baisant à l'envi
Le temps vous tient en sa poigne cruelle
Si fort serrés qu'il vous aura du nid
De vos ébats, doux oisillons, bannis,
Sitôt déclos les rideaux de l'alcôve.
Ne vous échoit qu'une issue ce jour d'hui :
Fuir le bonheur avant qu'il ne se sauve*
Gracieux souris, scintillantes prunelles,
Usez en bien avant qu'ils soient flétris
Oncques céans ne sont joies éternelles !
De l'innocence ayant payé le prix
Le père Adam à ses dépens apprit
Qu'en chaque fruit un vil serpent se love.
Voilà qu’il faut, privés du paradis,
Fuir le bonheur avant qu'il ne se sauve
Amants, quittez ce mausolée fleuri
Où me languis, seulette en mon alcôve,
N'ayant pas su, comme je vous en prie,
Fuir le bonheur avant qu'il ne se sauve.
* Le refrain de cette ballade m'a été soufflé par Jane Birkin (qui vient de nous quitter) dans une jolie chanson de Gainsbourg
