Berceuse abrupte
2
Tout meurt, rien ne dort !
A l’horizon rose
La risée atroce
Souffle un feu si fort !
Tout meurt ! Faible chose
Errante, sans mors,
Tu n'es, mais ne mords
Que bouche qui n'ose !
La vie était là,
La vie étalée,
La vie en allée,
Hélas ! vers Scylla…
...Elle était ailée
Mais l'amour pilla
Ceux qu'il houspilla
D'une arme zélée !
L’alizé redouble,
Fait comme un grand creux !
On croirait entre eux,
Les vents, quelque trouble.
- Errant malheureux,
Sous le froid, soluble,
Sans gants ni chasuble,
Tu n’iras pas vieux…
Son vol est véloce :
Rosse, fuit le temps,
Rongeant tous les sangs
De sa farce fausse !
Mais la nuit, j'attends
Au fond de ma fosse
Cette garce grosse
De tant et tant d'ans.
A l’horizon rose
La risée atroce
Souffle un feu si fort !
Tout meurt ! Faible chose
Errante, sans mors,
Tu n'es, mais ne mords
Que bouche qui n'ose !
La vie était là,
La vie étalée,
La vie en allée,
Hélas ! vers Scylla…
...Elle était ailée
Mais l'amour pilla
Ceux qu'il houspilla
D'une arme zélée !
L’alizé redouble,
Fait comme un grand creux !
On croirait entre eux,
Les vents, quelque trouble.
- Errant malheureux,
Sous le froid, soluble,
Sans gants ni chasuble,
Tu n’iras pas vieux…
Son vol est véloce :
Rosse, fuit le temps,
Rongeant tous les sangs
De sa farce fausse !
Mais la nuit, j'attends
Au fond de ma fosse
Cette garce grosse
De tant et tant d'ans.
