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En voilà un oui un de plus
Un chant fendu qui boîte un peu
Une prière au temps perdu
Un hurlement silencieux

Écoute ce chien qui aboie
C'est mon cœur qui geint à plaisir
Qui se scarifie et qui boit
Le sang versé jusqu'à la lie

Mon visage décomposé
Mes cheveux gras d'algues moroses
Mes cauchemars éparpillés
Entre mes mains fanent les roses

Poisseux comme un céphalopode
Je dégobille une encre noire
Qui mot après mot me dérobe
Les étoiles de ma mémoire

Mon souffle se fait rare et tiède
Mon cœur est un batteur de jazz
Ma fièvre brûle sans remède
Et ma tête est pleine de vase

Terrassé par mes cataractes
Je rends les armes j'abandonne
Je déserte le dernier acte
Mes vains espoirs je vous les donne

Je ne garde rien de moi-même
Je laisse courir l'incendie
Qu'il me consume et me ramène
Vers le néant et l'infini

Rendu au vide salvateur
Peut-être viendra me trouver
Une aurore au parfum de fleurs
Bien que je n'ose l'espérer

De peur de la faire s'enfuir
Alors j'étouffe mes pensées
Je tue le vouloir et le dire
Pour ne plus choir en mon passé

Tous droits réservés © Poème posté le 19/07/2023 par Ld

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