Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

Commedia dell’arte
2

- Japon - Gymnopédies -


Là, cette lune est pleine et les étoiles peintes
A la hâte de haine, en douloureuses plaintes
Eclairent le corps nu d’un vieux diable cornu,
Projetant sur le mur un spectre inconvenu,
Inconnu, gigantesque, envahissant la scène
Atone où seule reste une ombre avec sa peine.

Ambre chinois, à la lueur du miel doré
Fondu sous la flamme, on voit un bouc décoré,
Tout de noir sur fond blanc, d’une auréole feinte,
Il mange, en silhouette, à cette main disjointe.. .
Sombres revenants, si lents, louches et sans yeux,
Ils sont sans consistance, un nimbe mystérieux.

C’est une farce étrange, à la musique absente
Aucune contre-pointe, aucun discours ne hante
Le mouvement vif du jeu de l’image ; au feu
Des formes fluctuantes se tordent, un lieu 
S’invente et recrée en silence, à cette estrade,
L’ancien inconscient qui sourd depuis l’Iliade !

L’insidieuse grimace et le pouvoir grotesque
De l’image portée en lumière dantesque ;
Comme un théâtre Nô, Lacédémone (ou Sparte)
A perpétré, transmis, la « commedia dell’arte » ?

© Poème posté le 17/07/2023 par Salus

...
× Illustration agrandie