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L'oiseau-vent
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Ce matin le vent nouveau
Qui flânait au fil des rues
Se déguisa en oiseau
Paré des couleurs des nues.

Je le vis sur mon balcon
Picorer un dernier rêve,
Le siroter jusqu’au fond,
Là où se tapit la sève.

Puis, soudain, il s’envola,
Gagnant la maison voisine,
Cueillant sous la pergola
Une senteur de résine.

Chantant, trillant, l’oiseau-vent
Se posa sur la margelle,
Et je crus un long moment
Qu’il jouait à la marelle.

Quelle magie le saisit
Et le fit feuille fragile ?
Quel soleil le séduisit
Et le fit danse gracile ?

Dans l’ombre du plein midi
Couchée parmi le silence,
La feuille, ourlée d’infini,
Embrassa l’azur immense.

Ainsi la surprit le soir
Qui la transforma en plume
Et chez elle vint s’asseoir,
Chargé d’un bouquet de brume.

La plume écrivit alors
À l’encre bleue, rouge et grise
Les mots doux et les mots forts
Qu’on lit au seuil de la brise …




© Poème posté le 13/07/2023 par Ombrefeuille

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