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Poème écrit par Gonzague

Ataraxie

Ataraxie

Au départ le néant et le vide absolu
Le commencement de quoi ? Car tout est absence
Et le temps apparu, mystère résolu
L'œuvre d'un grand horloger, la divine essence

Il fallait créer la matière et la Terre
Implanter la vie, les animaux, les humains
Mais l'homme ne pouvait pas rester solitaire
Avec la femme, enfin un avenir commun

Le début annoncé de la grande aventure
Le même destin et partir à la conquête
Des nouveaux lieux, apprivoiser la nature
La dominer, voilà le secret de leur quête

Étaient-ils heureux ? Dans cet Éden si parfait
Le mal n'existait pas, sauf un mortel ennui
Le progrès apporta son lot de bienfaits
Et ils quittèrent nombreux la Terre une nuit

Ils voyagèrent à travers la galaxie
Cherchant leur créateur trop peu compendieux
Un jour, ils arrivèrent, pleins d'ataraxie
Mais personne dans le domaine des Dieux

Personne n'aurait pu imaginer un jour
Découvrir de la vie au delà de la Terre
Et ils partirent ailleurs pour un long séjour
Dans l'espace, vers un inconnu planétaire

Ils découvrirent un nouveau monde lointain
Proche d'un soleil, perdu dans la galaxie
Leur avenir était pourtant si incertain
Mais leur âme était atteinte d'ataraxie

L'espoir était en eux, grande leur volonté
D'établir et de bâtir une colonie
Combien de périls allaient-ils affronter
Ils ont renoncé à toute hégémonie

Où est donc Dieu dans ce regard primitif
Car je n'y vois aucune étincelle divine
Cet être parait tellement peu réactif
Pourtant il n'a point une intelligence bovine

Cet animal enfermé dans une prison
Enchaîné avec des fers, depuis tant d'années
Privé de liberté et de tout horizon
Une bête à l'aspect hideux, âme damnée

Et nous avons colonisé leurs territoires
Nous les entités venues de l'univers
Tuant ces démons humains dans des abattoirs
Quelle aubaine de les avoir découvert

Et de leurs crocs mordants, des soleils enragés
Lâcheront sur Terre, des armées de mutants
Dévorer les humains, et quelques naufragés
Sur des îles perdues, seront seuls combattants

J'irai brûler mes ailes, au cœur d'un soleil noir
Quérir souffles de vie et de nouveaux espoirs
Semer l'âme d'amour, engendrer des enfants
Parcourir l'univers, et vaincre les Titans

Et quand ils seront morts, tous ces héros mortels
Se dressera enfin, en leur honneur, la stèle
Monument éternel, de toutes galaxies
On pourra prononcer le mot ataraxie

Et soudain apparaît un soleil vermillon
Qui passe nonchalant à côté du vaisseau
Un autre astre surgit, nous suivons son sillon
Son halo, à la lumière de nos faisceaux

Mais que suis-je devant l’immensité des cieux
L’infini et l’éternité, point de frontières
J’ai abordé le domaine sacré des Dieux
J’ai caressé des yeux les étoiles altières

Et ma vie finit dans ce fabuleux décor
Car j’ai voyagé à travers la galaxie
Je repose en paix, pour cercueil un météore
J’ai atteint la voluptueuse ataraxie !

Tous droits réservés © Poème posté le 09/07/2023 par Gonzague

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