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Poème écrit par Jacou

Hadès et Perséphone

1
L’heure à fleurir rivière en des heurts, étrivière
Est pendue par cordes, ma lyre en a jailli
Brodant des airs tissés dans les rais de lumière
Un aède en l'hadès est poète failli

Perce aphone un son pur au tympan de l’oreille
Laisse à l'écritoire un vers, voyant, qui résume
Ton pleur repeuple un peu, puisse la pluie merveille
Emplir le pantin, drue, d’une plante qu’il hume

Asphodèle, et Sappho voit auprès de Verlaine
La joie qui gît juchée et jase aux jeux des eaux
Couleurs des mots pour fruits de Cadou à Hélène
De Dante à Béatrice, or, dissous sont ces os

Des morts d’une histoire où tout finit par les vers
Quand un monde serpente en ce Temps facteur d’onde
Vibre, et dans sa torsade est la danse-Univers
Pour la vie à périr, puis la neuve faconde

Le lai d’Orphée souffrant lève une fée des ors
L’Ève dort, ses effets d’affaire faite au sol
Veille l’or dans le bois, lumière émanée hors
La beauté du tombeau qui la dore et l’isole

Ce miel offert, ce lait d’un frère, au lai semblable
Sacrifie pour ta soif sa foi dans la forêt
Des instincts, ton trophée, à l’amour secourable
Garde-les en coffret, d’aucune clé foré

Eurydice, en ton havre à disperser blandices
La nuit s’est ajourée par un regard perçant
Qui l’aiguille au croissant dont les lueurs blondissent
La blanche noirceur sœur d’une dorure en sang

Rouge des vies déviant, pour un Ciel ratissées
Si l’Âme est lame et l’une en larme arme sa Lune
Contre toi le Soleil, plaintes trop haut hissées
Sa tristesse pleure en perle où l’astre est ta hune

Hadès, la déesse a descendu dans l’Enfer
T’offrir ombre de fleur, cédant aux décédés
Les champs élyséens, pour ton règne de fer
Où dormir sans encombre un instant, succédé

Tu n’avais pas choisi, mais tu chois du décor
Printanier des moissons, où les mois dans les sons
Des oiseaux s’enchantent, et font d’assauts des corps
Riche échange, où, d’ange chu, l’humaine a frissons

Nature, et toute entière, et vit à cet étiage
Expressions d’une joie qui fait mûrir en joue
Des baies d’accueil baillant, lors rajeunissant l’âge
Qui s’est vu se griser prendra teinte acajou

Le lys blanchit la tombe en l’allée sous le charme
Tu séduis dans ta mort faune avec roseau, plante
Faucille arraisonnant Perséphone d’un charme
Chant dans les étoiles diaphane qui me hante

Eurydice éperdue, Orphée est l’orphelin
Des heures dicibles, que tu tiens, Perséphone
Quand un printemps paraît revêtu de fin lin
En grands jours faits de toi, c’est l’Amour qui se donne

Un hiver pour ivraie, la mort ne t’en délivre
Ta joue est grenade où l’explosion du visage
Ride velours aux fleurs, Nature a voulu l’ivre
Femme infernale et reine, où son roi n’a vie sage

Mais, tel Merlin maudit, par des mots d’oiseleur
Attire ses démons, où folie fait royaume
Germer dessous la terre, où les forêts ont leurres
Cachant elfes et fées du chevalier en heaume

Déméter attristée voit sa fille ravie
Où Hadès est rivé, le terrestre n’a cours
Aède Orphée qui vit ton Eurydice en vie
Tu l’as tuée dans un doute, où ta vie n’est secours





Tous droits réservés © Poème posté le 11/06/2023 par Jacou

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