Frais de port d’attache
4
Titillé par l’arôme d’une baraque à beignets,
Nageant entre deux eaux, deux espaces parallèles,
Je plonge dans ce passé où, latent, j’ai baigné :
Du dernier train fantôme, la queue de carrousel.
Comme les chevaux de bois dans une boite à musique,
Comme patine la Renault, que lambine le traineau,
Je tourne autour d’un pot, d’où s’échappe, féérique,
La barbe à papa-poule des prières de Tino.
Je crois périr d’ennui rue Gabriel Péri,
Zone périurbaine, sur Myspace néo rurale,
Un confort expansé que, touchant le moral,
Lui cane ma sarbacane de sniper aguerri.
Des jungles arumbayas, l’idole Rascar Capac(1)
Dégringole sur l’échelle de mes cultes païens.
En accélérant, gronde, la bécane de Tupac,(2)
Mon moyen d’échapper aux goulets mitoyens.
Des lascars en training trainaillent à Jules Ferry,
Packs de six, clés de douze, K-way et anoraks,
Bras cassés sur Pac-Man, Nascar(3) sur Atari
Génération Chirac et première guerre d’Irak,
Je me pique de Quincey, de romans russes me saoule,
« Cantique de la Racaille » (4) recueille mes dévotions,
Si, au démon, Selby, dix kopecks, sell my soul, (5)
Stallone plus que Pollock est synonyme d’action.
Confettis sans fêtards, tirent une langue de vicaire,
Aux barres chocolatées de la périphérie,
Les jardins qui bourgeonnent comme des plaies mal guéries :
Insulaire, ma chambrette bat pavillon Corsair.
Paris y brille, mirage d’un désert culturel,
D’un passage obligé entre Trappes et Drancy,
D’un cafard passager pour l’express sans merci,
Dont, s’enlisant, balisent les médiévales tourelles.
En percutant mon crâne, transbahutant le fret,
Des wagons bestiaux à l’assourdissant fracas,
Traumatisent une cahute harassée de tracas,
A cran sur le talus, j’y cale un temps d’arrêt.
Que les frères Lumière soient, qu’advienne du cinéma,
L’au-delà surréel de nos vies machinales,
Que, deus ex-machina, en longeant le canal,
J’affublasse les passants d’élégants panamas.
Comme les daguerréotypes d’un Paname disparu,
Dont un rien ressuscite les sensations anciennes,
Qu’un refrain de Trenet, naguère, courait les rues,
Je tirai l’as de pique chez la cartomancienne.
Repassant sur les traces de pas évanouis,
J’accouche même d’un souris, et sans péridurale,
De trépas à vie passe, quand, de ma peine, je jouis,
Vautré dans le passif de ma rétro virale.
Nageant entre deux eaux, deux espaces parallèles,
Je plonge dans ce passé où, latent, j’ai baigné :
Du dernier train fantôme, la queue de carrousel.
Comme les chevaux de bois dans une boite à musique,
Comme patine la Renault, que lambine le traineau,
Je tourne autour d’un pot, d’où s’échappe, féérique,
La barbe à papa-poule des prières de Tino.
Je crois périr d’ennui rue Gabriel Péri,
Zone périurbaine, sur Myspace néo rurale,
Un confort expansé que, touchant le moral,
Lui cane ma sarbacane de sniper aguerri.
Des jungles arumbayas, l’idole Rascar Capac(1)
Dégringole sur l’échelle de mes cultes païens.
En accélérant, gronde, la bécane de Tupac,(2)
Mon moyen d’échapper aux goulets mitoyens.
Des lascars en training trainaillent à Jules Ferry,
Packs de six, clés de douze, K-way et anoraks,
Bras cassés sur Pac-Man, Nascar(3) sur Atari
Génération Chirac et première guerre d’Irak,
Je me pique de Quincey, de romans russes me saoule,
« Cantique de la Racaille » (4) recueille mes dévotions,
Si, au démon, Selby, dix kopecks, sell my soul, (5)
Stallone plus que Pollock est synonyme d’action.
Confettis sans fêtards, tirent une langue de vicaire,
Aux barres chocolatées de la périphérie,
Les jardins qui bourgeonnent comme des plaies mal guéries :
Insulaire, ma chambrette bat pavillon Corsair.
Paris y brille, mirage d’un désert culturel,
D’un passage obligé entre Trappes et Drancy,
D’un cafard passager pour l’express sans merci,
Dont, s’enlisant, balisent les médiévales tourelles.
En percutant mon crâne, transbahutant le fret,
Des wagons bestiaux à l’assourdissant fracas,
Traumatisent une cahute harassée de tracas,
A cran sur le talus, j’y cale un temps d’arrêt.
Que les frères Lumière soient, qu’advienne du cinéma,
L’au-delà surréel de nos vies machinales,
Que, deus ex-machina, en longeant le canal,
J’affublasse les passants d’élégants panamas.
Comme les daguerréotypes d’un Paname disparu,
Dont un rien ressuscite les sensations anciennes,
Qu’un refrain de Trenet, naguère, courait les rues,
Je tirai l’as de pique chez la cartomancienne.
Repassant sur les traces de pas évanouis,
J’accouche même d’un souris, et sans péridurale,
De trépas à vie passe, quand, de ma peine, je jouis,
Vautré dans le passif de ma rétro virale.
(1) cf. Tintin "L'oreille cassée" et "Les 7 boules de cristal"
(2) Tupac Shakur, figure du gangsta rap
(3) Compétition automobile aux Etats-Unis un peu équivalente à la F1
(4) Livre de Vincent Ravalec
(5) Hubert selby Junior avait publié un roman intitulé "Le Démon" sur un homme possédé par le mal.
(2) Tupac Shakur, figure du gangsta rap
(3) Compétition automobile aux Etats-Unis un peu équivalente à la F1
(4) Livre de Vincent Ravalec
(5) Hubert selby Junior avait publié un roman intitulé "Le Démon" sur un homme possédé par le mal.
